Naufrage du Titanic et Roquefort !

jeudi 19 décembre 2013

Suite à la diffusion du film sur la catastrophe du Titanic, Maurice MIQUEL, nous a fait parvenir l’article suivant, paru dans le "Journal de l’Aveyron" n° 19 du dimanche 12 mai 1912 (AD 12 PER 877)

Ce fait-divers avait été évoqué lors de l’AG de Millau en 1996.

Le "Roquefort" et la catastrophe du "Titanic"

 [1]

Le Titanic, qui vient de sombrer si malheureusement au cours de sa première traversée, contenait, dans ses flancs, 50.000 kilos de fromage de Roquefort (le chargement de 10 wagons de marchandises).
Les compagnies de transports maritimes ne répondant pas des pertes de marchandises produites par les naufrages, il est plus prudent que les acheteurs ou à défaut, les vendeurs assurent les cargaisons.
Nous croyons savoir que l’importante quantité de fromages qui vient de sombrer au fond de l’Atlantique avec le géant des mers (groupage des diverses maisons de Roquefort) était assuré ; il en résultera dons aucune perte pour notre région. Celle-ci en retirera plutôt un bénéfice, tant il est vrai de dire que le malheur des uns est parfois avantageux pour les autres.
En effet, on ne connaissait pas encore à Roquefort le naufrage du Titanic qu’un gros industriel de New-York avait déjà télégraphié à une Société de Roquefort d’avoir à réexpédier d’urgence l’envoi confié au malheureux navire. Ce sera donc pour nos industriels un débouché supplémentaire auquel ils ne s’attendaient pas et qui sera sans doute le bienvenu, car la production est plus abondante, cette année, que ne l’espéraient les industriels.
Profitons de cette circonstance pour donner à nos lecteurs quelques indications sur le commerce de Roquefort avec l’Amérique.
Vers le mois de mars ou d’avril de chaque année, les expéditions sont très actives. Elles sont groupées par l’agent d’un armateur de Bordeaux qui passe dans les diverrses maisons de Roquefort et fait remettre à Tournemire, au jour dit, tous les envois pour l’Amérique.
Les wagons chargés qui forment parfois des trains complets sont transportés de Tournemire à Bordeaux en grande vitesse avec des tarifs de petite vitesse par la Cie du Midi, puis de Bordeaux à Southampton par bateau.
Dans les bateaux, les fromages sont placés, s’il y a lieu, dans des cales réfrigérées ; arrivés en Amérique, ils sont également emmagasinées dans des réfrigérants, par des commerçants en gros, pour la consommation de l’été.
Dès qu’arrivent les chaleurs (de mai à septembre), les grosses expéditions se font plus rares et on n’envoie plus guère en Amérique que par colis postal. L’activité des échanges pourra se poursuivre, même en été, le jour où l’on fera usage à roquefort de wagons réfrigérés ; ce jours n’est peut être pas bien éloigné.
E . Marre.

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[1Extrait du Cultivateur du Sud-Centre


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