HOMMAGE à Robert AUSSIBAL par Jean DELMAS

jeudi 20 février 2014

Le Cercle Généalogique de l’Aveyron s’associe à cet hommage.

Robert Aussibal nous a quittés, ce 13 février 2014. Il aura marqué profondément la vie culturelle de l’Aveyron tout entier et du Sud-Aveyron en particulier.

Natif de Rodez, il s’était formé à l’Ecole supérieure de Biologie, à Paris. C’est à la Société des Caves de Roquefort que s’est déroulée sa carrière, mais pas seulement là, car, pendant quelque temps, il a dispensé son savoir à l’Ecole d’Agriculture de Purpan et il est intervenu, comme consultant, dans le cadre de la F.A.O., en Grèce, au Liban, en Syrie et en Egypte.

Une immense curiosité le poussait vers la recherche et vers la collection, qui est une mise en ordre du savoir. Ainsi, il lui est apparu très tôt qu’il fallait garder des spécimens des nombreuses marques ou estampilles du fromage de Roquefort qui rendaient compte à leur façon de l’histoire du célèbre fromage. Mais il est allé plus loin en inventoriant tous les signes identifiants qui figuraient sur ces marques et qu’il appelait des pictogrammes (aujourd’hui des logos !) et ensuite en identifiant les symboles qu’ils représentaient. Cette curiosité l’amena à l’héraldique ou science des blasons dont il devint en Aveyron un spécialiste reconnu. Il a d’ailleurs publié des armoriaux (Aveyron, ordre de Malte, évêques de Rodez et de Vabres). Que de communes aveyronnaises ont officiellement adopté les armoiries qu’il avait conçues et dessinées avec talent !

Passionné d’archéologie, il a fondé avec son beau-frère Jean Bonnefous et des amis la Société d’Etudes Roquefortoises qui a prolongé les recherches de Louis Balsan et confirmé que Roquefort et son proche environnement justifiaient bien le titre de « capitale de la préhistoire aveyronnaise ». De là se formera le Musée archéologique de Roquefort. Plus tard, il se passionna lui-aussi pour les statues-menhirs, signala celle du Bancanel (Saint-Affrique) et lança un cri d’alarme, resté fameux, sur le risque que nous courions de voir disparaître du Sud-Aveyron, par vente, dépôts lointains, vols ou dégradation, ces plus anciennes figurations de nos ancêtres, si la collectivité ne créait pas sur place une structure pour les accueillir.

Il ne s’est pas contenté d’explorations, de recherches, de collections, il a contribué au développement du tourisme dans le Saint-Affricain en présidant le S.I. de Roquefort et en participant aux activités de l’O.T.S.I. de Millau et de la Fédération départementale des Offices de tourisme de l’Aveyron. La connaissance du patrimoine nous enracine et elle contribue à l’attractivité de notre département.

A partir de 1973, se noue avec ce qui deviendra cinq ans plus tard le Musée du Rouergue des liens étroits. Des expositions sont présentées à l’ancienne école de Roquefort (le charron, les berceaux…), puis au Viala-du-Pas-de-Jaux. Avec Jean Bonnefous, il obtient le dépôt aux Archives de l’Aveyron des archives qui étaient en perdition dans l’ancienne cave Coupiac. En 1980 et pour deux années successives, l’exposition « Des cabanes aux caves » raconte la tradition fromagère de Roquefort et laisse espérer la création d’un grand musée célébrant le célèbre fromage. Et il publie quatre ouvrages sur Roquefort, le plus novateur étant celui qu’il a consacré au vocabulaire technique de l’affinage. Mais il ne s’est pas limité à Roquefort et a apporté toutes ses compétences au service des établissements du Musée du Rouergue : Espalion (le bestiaire, les enfants), Saint-Crépin, Salles-la-Source (les pressoirs) et Salmiech (un livre sur Brenguier de Landorre, natif de Salmiech, archevêque de Compostelle).

En 1980, à la mort de René Jayr, il a été élu président de Sauvegarde du Rouergue. Il a apporté à l’association départementale son expérience, sa culture, ses dons artistiques et ses talents de rassembleur. Il s’y est investi à fond. Il a transformé son bulletin en une superbe revue, appréciée de tous ceux qui pensent que notre patrimoine, naturel et bâti, est une composante essentielle de notre identité, de notre art de vivre et une des bases de notre développement. Il a publié des monographies cantonales sur l’architecture rurale, participé au bel ouvrage « Bâtisseurs des Grands Causses », attiré l’attention des élus et du public sur des églises connues, d’autres oubliées et parfois en ruines, obtenu, avec l’aide des Bâtiments de France et de l’Union REMPART, le sauvetage et la restauration de Saint-Jean-des-Balmes ou de l’église rupestre de Peyre, près de Millau. La liste de ces monuments serait trop longue ici, mais on ne peut oublier son attachement à la belle église cistercienne de Sylvanès, à laquelle il a consacré deux ouvrages, une savante étude sur son architecture et son symbolisme et une synthèse écrite avec le P. Gouzes.

Son nom restera encore attaché à un inventaire des stèles discoïdales de l’Aveyron et du Lodévois et à leur symbolique ou à l’histoire et au patrimoine des ordres religieux, bénédictins de Nant, cisterciens de Sylvanès, cisterciennes de Nonenque, templiers de Sainte-Eulalie-de-Cernon, hospitaliers de Saint-Félix-de-Sorgues qui ont façonné le Larzac. Ces ordres nous ont laissé en héritage, outre de magnifiques monuments, ce qu’il est convenu d’appeler l’agropastoralisme dont le rappel a été un argument décisif pour obtenir le label envié de « Patrimoine mondial de l’UNESCO ».

L’association Sauvegarde du Rouergue et bien des Aveyronnais n’oublieront pas sa chaleur communicative, ses conférences qui nous laissaient sous le charme et les voyages d’étude qui permettaient de découvrir l’Aveyron et l’action civilisatrice des Rouergats dans les îles lointaines, comme le chevalier de Gozon à Rhodes et le commandeur de La Valette dont la capitale de Malte porte le nom.

Jean Delmas

Le CERCLE GEENEALOGIQUE DE L’AVEYRON se joint bien sûr à cet hommage à celui qui a tant fait pour la sauvegarde de notre patrimoine. Nous ne l’oublierons pas….
SB

Nous avions publié le 14.02.2014 :

C’est avec tristesse que nous apprenons de décès de Robert AUSSIBAL.

Nos anciens adhérents se souviennent très certainement de celui qui nous a beaucoup aidé dans les débuts de notre association et a souvent accepté de nous faire une communication lors de nos assemblées générales.,

Son érudition était toujours appréciée et lors de notre récent ouvrage sur St Georges de Luzençon nous avons encore bénéficié de ses connaissances et de ses croqus.

les obsèques seront célébrées ce samedi 15 février à 15 h en l’église de Roquefort

que ceux qui l’ont connu et apprécié aient une pensée pour lui et sa famille


Commentaires

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C’est avec tristesse que nous apprenons le ...
samedi 15 février 2014 à 10h36 - par  MIQUEL Maurice

C’est lui qui nous conseilla pour nos armoiries en adoptant l’OLIVIER, emblème de fécondité et symbole de paix.