Un château oublié : ROQUELONGUE

mardi 6 janvier 2015
par  ROUBY Gilles

C’est en étudiant un acte notarié chez Me Jean GELI de Meyrueis (achat d’Anthoine ROBIN, de Lisside – 20/02/1604), acte consenti par le seigneur de Roquelongue, que m’est venue l’idée d’en rechercher le château, aujourd’hui disparu. L’ayant localisé sur la commune de Revens (Gard), où un lieu-dit Roquelongue figure sur le cadastre napoléonien, je suis allé le voir de près, accompagné de trois collègues du Cercle Généalogique de l’Aveyron, dont notre historien Jean-Yves BOU.


Localisation du Château {JPEG}
Localisation du Château


Le château était perché sur le flanc sud du causse Noir, d’où il surplombait la vallée de la Dourbie, entre Cantobre et Saint-Véran . Il était situé à l’extrémité d’une longue barre rocheuse, bien visible sur une photo-satellite et d’où il tire peut-être son appellation. Un vieux chemin muletier, qui devait permettre de monter sur le causse depuis la vallée, passe au pied du site.


Les deux rochers, base du château ? {JPEG}

Les deux rochers, base du château ?


On peut observer des restes de murs de soutènement sur deux gros rochers contigus, dont l’un surplombe la D 159, qui a sans doute remplacé l’ancien chemin : des murettes, qui vraisemblablement permettaient de se déplacer d’un rocher à l’autre ou peut-être d’éviter des ascensions depuis leur pied. Pour autant, on imagine difficilement un château à cet endroit, car on ne voit sur les rochers eux-mêmes, de faible surface, aucun aménagement, pas la moindre trace de maçonnerie. Peut-être le château était-il appuyé contre les rochers, comme celui de Peyrelade, sur la commune de Rivière-sur-Tarn ? Par ailleurs, nous avons pu observer la base d’un mur au pied du rocher qui domine la route ; apparemment, le rocher a été entaillé pour permettre le passage de celle-ci et ce mur s’arrête brutalement.


Le mur à la base du rocher au niveau de la D 159 {JPEG}

Le mur à la base du rocher au niveau de la D 159


D’après H de BARRAU, les plus anciens seigneurs de Roquelongue connus vivaient au XIIIe siècle et s’appelaient BRENGUIER ou BERANGER, peut-être les mêmes que les BERANGER de CALADON, seigneurs de Lanuéjols, village voisin de Revens. Le peu de données ne permet pas de suivre avec exactitude les différents possesseurs de Roquelongue  ; on sait par contre que la seigneurie devint, vers la fin du XIVe siècle, une coseigneurie, qui appartenait en partie à la famille FROTTARD, possesseur du château de Cantobre.

J’ai retrouvé les seigneurs de Roquelongue dans l’acte de 1604 précité, en la personne de François de CALADON, seigneur de La Valette, Montjardin, Roquelongue, Lanuéjols, et Les Lissides (Lisside, paroisse de Lanuéjols) ; le coseigneur de Roquelongue, feu Pierre JEHAN, est cité dans l’acte. Par ailleurs, le bail mentionne des actes antérieurs, dont un passé le 04/04/1595 par Delphine de ROCHEBLAVE, dame de Roquelongue (le château de Rocheblave est situé près de Quézac).

Si vous êtes tenté de monter sur les rochers de Roquelongue, la prudence s’impose, car les risques de chute sont réels ; par contre, la vue sur la vallée est impressionnante. Peut-être des fouilles sur site permettront-t-elles un jour d’en savoir plus sur ce château.


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