Les origines aveyronnaises de Carlos GARDEL, légende ou vérité ?

par le Cercle Généalogique de l’Aveyron
vendredi 26 janvier 2018
par  Suzanne BARTHE

Nous serons pour les JOURNEES GENEALOGIQUES DE L’AVEYRON, les 8 et 9 septembre 2018, à ST-GENIEZ d’OLT & d’AUBRAC, et une petite équipe est donc au travail pour la préparation du livre de l’année 2018.

Tous les ans, cette période de recherches apporte généralement son lot de découvertes insolites… cette année n’échappe pas à la règle, ainsi que nous pouvons le constater dans les lignes ci-dessous…

Carlos GARDEL, le roi du tango, meurt le 24 juin 1935 dans un accident d’avion près de Medellin en Colombie. Mais qui donc étaient ses ancêtres ?

Des hypothèses nombreuses et variées ont vu le jour… Evacuons tout de suite la piste Uruguayenne, qui n’était qu’une échappatoire à la mobilisation pour la guerre de 14-18… Une autre piste nous menait à St-Geniez-d’Olt… encore fallait-il vérifier toutes ces traditions orales en les étayant par des actes d’état-civil.

La légende aveyronnaise pose la question suivante : le « père du tango aurait-il existé sans la morale austère des campagnes françaises à la fin du XIXe siècle ? » Nous pouvions légitimement nous poser la question en nous référant à la légende selon laquelle « une jeune fille originaire de Saint-Geniez d’Olt, Berthe GARDES, aurait eu une aventure avec un de ses cousins, séminariste de surcroît, Joseph GARDES ». Ce qui n’était pas acceptable ! Le séminariste aurait été « envoyé en mission en Asie, puis en Afrique ». Quant à la famille de la jeune fille, comme bien des aveyronnais , les Gardes, ainsi que Berthe et l’enfant qu’elle portait, « partirent pour l’Argentine ». Toute légende a toujours un fond de vérité… et nous sommes partis en quête de cette vérité…

Le seul point de l’histoire qui soit avéré est que Marie Berthe GADÈS accouche à Toulouse le 11.12.1890, d’un petit Charles Romuald,. Marie Berthe reconnait l’enfant le 20 décembre suivant.

Puis la famille s’installe sur les rives du Rio de la Plata. Charles transformera son prénom en Carlos, et remplaça le S final de son nom par un L plus sonore ; Et voilà l’histoire !

Mais les choses ne sont pas aussi claires… En effet, dès 1998, le professeur Christiane Bricheteau prouve de façon irréfutable les origines toulousaines de Carlos GARDEL du côté maternel. Elle démontre qu’il est le fils naturel de Marie Berthe GARDES et qu’il est né à Toulouse, à l’hospice Saint-Joseph de la Grave, le 11 décembre 1890.

En 2008, elle découvre que Carlos GARDEL était aussi le fils illégitime d’un toulousain nommé Paul Lasserre. En 2010, photographies à l’appui, elle en fait la démonstration dans son livre intitulé « Carlos Gardel fils de Toulouse - Vérité et preuves en images »

Alors d’où venait cette piste menant à St-Geniez ? Tout simplement d’une autre descendante de la famille GARDES, bien originaire de St-Geniez cette fois. Cette écrivaine et poétesse argentine du nom d’Elena Irena GARDES a passé sa vie de plateaux de télévision en conférences, multipliant les communications affirmant ce qu’elle considérait être la vérité, à savoir qu’elle était la petite nièce de Carlos GARDEL. Malheureusement les pistes généalogiques, suivies par elle, tenaient plus de la tradition familiale que de la réalité.

Nous aurions bien sûr souhaité pouvoir nous entretenir avec Elena Irena GARDES, mais cette dernière a quitté ce monde en mai 2017, emportant avec elle sa légende de « petite cousine  » du grand Carlos GARDEL…

Ce n’est pas par hasard si, dans les quartiers populaires de Buenos Aires en Argentine, Gardel était surnommé « El Francesito » (le petit Français).

En France, la connaissance des origines toulousaines de GARDEL est toujours restée vivace à Toulouse, de même que sa naissance « entourée d’un parfum de scandale  ». Enfin, les nombreuses visites que GARDEL fit à sa famille toulousaine et tarnaise, les photographies faites à l’occasion, ses courriers et son testament olographe étayent solidement et durablement la thèse des origines françaises de celui qui fut l’inventeur emblématique du tango chanté. Lors de sa tournée en France, il a rencontré la famille de Berthe GARDES, en la présentant comme sa propre famille, et ses lettres manuscrites à certains membres de cette famille GARDES parlent d’oncles et de tantes.

Quoi qu’il en soit, la voix de Carlos GARDEL a été déclarée patrimoine de l’Humanité par l’Unesco, qui présente officiellement l’artiste comme un «  chanteur argentin né en France  ».

Si nous devons donc à la vérité de préciser qu’aucune étude sérieuse n’a pu prouver un lien de parenté quelconque entre ces deux familles GARDES, celle de Carlos et celle d’Elena, il n’en demeure pas moins certain que Carlos GARDEL est d’origine française, puisque né à Toulouse, et qu’Elena Irena GARDES a bien des ancêtres originaires de St-Geniez-d’Olt. Ses ancêtres vivaient dans le hameau de Combetalade, ainsi que nous l’expliquerons dans notre ouvrage qui sortira en Septembre 2018, à l’occasion des JOURNEES GENEALOGIQUES DE L’AVEYRON (JG 2018)

Nous n’avons trouvé aucune traces de Berthe GARDES à St-Geniez (mais nous l’avons trouvée à Toulouse), ni aucune trace d’un Joseph « séminariste… missionnaire  », que nous ne désespérons pas de trouver, sait-on jamais… Il apparait à présent tout à fait clair que St-Geniez ne peut compter dans ses « Marmots » le roi du tango, mais doit être fier de compter une écrivaine et poétesse argentine du nom d’Elena Irena GARDES

Nous présenterons la généalogie de Carlos et celle d’Elena dans notre prochain ouvrage.

Nous sommes bien évidemment ouverts à toutes discussions et tout à fait disposés à revoir notre position, si des actes d’état-civil nous sont présentés nous prouvant des origines de Carlos GARDES à St-Geniez.


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