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jeudi 9 avril 2020
par  Suzanne BARTHE

Au revoir Maurice

Président fondateur de notre association, Maurice Miquel, avait su très tôt partager avec un petit groupe d’amis sa passion pour la généalogie et l’histoire. S’appuyant sur l’informatique dès la (...)

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vendredi 10 avril 2020 à 10h42 - par  Jean DELMAS Ancien directeur des Archives de l’Aveyron

Il était « la Généalogie ». Maurice Miquel nous a quittés.

A cette triste nouvelle, se mêlent la peine qu’éprouvent tous ses amis généalogistes de l’Aveyron et un vif sentiment de gratitude. Il a incarné pendant de nombreuses années ce que l’on appelle « la généalogie populaire ». Il y a 40 ou 50 ans, la généalogie était réputée être un loisir réservé à un nombre restreint d’érudits en quête de « vieilles familles » ou d’ancêtres glorieux. Il y eut un changement dans les années 1980-1990. Le premier, Maurice Miquel sut fédérer une nouvelle génération de chercheurs. Il a raconté comment cette curiosité lui était venue. C’était dans les années 1970. Il attendait son tour chez un coiffeur, un client lança la conversation sur les noms de famille d’origine étrangère, citant en exemple celui de Miquel ! Ce propos éveilla la curiosité de Maurice Miquel qui connaissait sa langue d’oc (Miquel est la forme occitane de Michel) et qui savait, de tradition familiale, que les siens étaient issus de la vieille terre du Viala-du-Tarn : qu’en était-il au juste ? C’est alors que commença une modeste, longue et persévérante recherche dans les papiers familiaux, dans les archives communales de Saint-Georges de Luzençon, puis dans celles du Viala, et des visites aux cimetières pour relever des noms et des dates. . C’est probablement à cette époque qu’il fit la connaissance de Pierre Hérail, explorateur d’archives et historien sympathique et désintéressé de Saint-Georges, dont il sera en quelque sorte l’héritier spirituel. En 1983, ayant lu dans un communiqué de presse que deux chercheurs de la Viadène, Jacques Paul, un enseignant, et Bernard Pouyé, invitaient les curieux à un colloque d’initiation à la « généalogie populaire », il se rendit au château du Bousquet, près de Laguiole, lieu de la rencontre. C’était l’occasion d’apprendre une méthode et d’ordonner son exploration. Les organisateurs m’y avaient invité et c’est là que nous nous sommes retrouvés. En 1987, avec quelques amis, dont Bernard Brengues, Elisabeth Rouvier, Louis de Montéty, Paul Querbes, Emilien Abbal, Jean Montès, il créa un cercle généalogique, qui, pour des commodités pratiques et associatives, fut une section de la Société d’Etudes Millavoises et qui s’affilia également au Cercle généalogique du Languedoc. Ils étaient une vingtaine au départ. Ce fut, sous sa conduite amicale, un immense succès. Quinze ans plus tard, ils seront 600. Entre temps, les Archives départementales avaient été magnifiquement installées par le Conseil général dans de nouveaux locaux et dotées d’une vaste salle de lecture et d’une salle de conférence. Les généalogistes aveyronnais, profitant avec raison de cette nouvelle structure favorable à la recherche, créèrent en 1992 le Cercle Généalogique du Rouergue, avec la participation de ceux de Millau. Maurice Miquel en fut élu vice-président et il le restera jusqu’en 2003. L’année suivante, 1993, le cercle de Millau prenait son envol sous le nom de Cercle Généalogique du Sud-Aveyron, concrétisant les nombreux projets dont celui de la recherche d’archives ignorées ou en perdition, au service de notre patrimoine aveyronnais et de notre bien commun. Je n’oublierai pas les chaleureuses et festives assemblées générales, qui se tenaient dans les principaux bourgs du Sud-Aveyron, les uns après les autres. C’était pour moi, à sa demande, l’occasion de présenter les ressources des archives publiques et les grandes séries des Archives départementales, puis d’exposer certaines des coutumes du Rouergue, qui permettaient de mieux comprendre comment nos ancêtres avaient vécu. Je n’oublierai pas la remise par le Cercle aux Archives départementales de registres de notaires du Saint-Affricain, acquis dans un marché aux puces, remise doublements généreuse, car elle était le fait de Bernard Brengues, le vice-président et le compagnon indéfectible de Maurice Miquel. Il y eut, comme cela, beaucoup de beaux évènements, que d’autres que moi ont vécu de près, comme les installations successives du Cercle, si je ne me trompe, à la Graufesenque, puis dans les locaux professionnels de Bernard Brengues, avant de trouver ceux du Bd de l’Ayrolle. En 2004, je crois, Maurice Miquel quittait la présidence de son cercle. Mais, il n’en fut jamais vraiment absent, continuant de nous faire profiter des ressources de son savoir et de son expérience.
Il nous a finalement quittés. Il avait le culte de la famille, la famille dont on est fier, qui se bâtit et s’enrichit d’alliances et de naissances, génération après génération, il avait le goût de ces racines qui nous font comprendre ce que nous sommes et qui nous rattachent à toute une société. Nous ne l’oublierons pas et nous n’oublierons pas son épouse Renée, qui fut si souvent associée à ses recherches.
Jean Delmas
Ancien directeur des Archives de l’Aveyron

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