Les MARTINAIRES de NANT 2ème épisode

Métiers d’autrefois en Aveyron
dimanche 23 mai 2021
par  Suzanne BARTHE

Les martinaires de Nant (2/3)

Voir le 1er épisode : http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1479

Un « Estèves pairolier d’a Nant » est témoin dans un acte de 1185. Le payrolier étant chaudronnier, il devait exister à Nant, probablement à Saint-Martin, une forge hydraulique pour le cuivre. [1]

On trouve dans les registres paroissiaux depuis le XVIIe siècle, puis dans l’état civil des actes concernant des martinaires de Nant. Manquant souvent de précisions, ils ne permettent pas toujours de savoir s’ils étaient à la Mouline ou à Saint-Martin.

Leur profession, leur date et leur lieu de naissance, le nom de leur épouse, les noms de leurs parents quand ils se marient, sont rarement indiqués. De plus, père et fils portaient souvent le même prénom…

Il y en a certainement eu d’autres qui n’ont pas passé leur vie entière à Nant.

  • Dans un ouvrage intitulé « Cuivres en Rouergue », Jean Delmas cite des martineurs de la vallée du Lézert, des environs de La Bastide l’Evêque, appréciés pour leurs compétences, appelés par des chaudronniers ou des entrepreneurs. A Nant, il cite Jean Fabre en 1611, Antoine Delortal entre 1615 et 1622, Antoine Serayol de 1700 à 1734, Antoine Cayrou (je n’ai pas trouvé d’actes le concernant) en 1775.

Dans les registres de Nant, on trouve :

  • Mariage d’Anthoine de Lortal maître martinaire et Marcelline Devèze le 12 janvier 1616.
  • Mariages de Jean Fabre maître martinaire avec Marguerite Février le 4 août 1615, avec …Bernade le 10 juillet 1618, avec Magdeleine Vidal le 28 juillet 1626. Est-ce le même, deux fois veuf ?
  • Décès de Pierre Fabre, garçon martinaire, le 3 janvier 1678.
  • Décès d’Anne Sabde, femme de Pierre Privat, maître martinaire, le 8 janvier 1676.
  • Le 28 janvier 1697, Antoine Serayol, épouse à Nant Anne Palière. Il vient de La Bastide l’Evêque, connu pour ses martinets, où son père était marteleur. A son décès à 60 ans le 8 janvier 1720, il est noté maître martinaire.
    Leur fils aîné, Antoine, né le 7 novembre 1697 a épousé Catherine Enjalric (ou Engelvin ?). Au mariage de leur fils, Antoine lui aussi, le 7 février 1770, il est décédé mais il est indiqué « quand vivant martinaire ».
    Leur second fils François, né en mars 1700, est martinaire à son mariage avec Marguerite Alègre le 10 février 1728.
    Leurs descendants ne sont pas martinaires, on trouve bassier, cardeur, travailleur ou ménager (petit agriculteur).
  • Jean Baptiste Beau (écrit aussi Beaut ou Beaud ou encore Baud) se marie à Nant le 24 janvier 1793, avec Elisabeth Barriol du village de Sériers dans le Cantal. Son père, Jean, fondeur de cuivre, né à Saint-Paul la Coste, dans le Gard et sa mère Catherine Brugayroles sont habitants de Nant.
    Jean Baptiste est à Nant depuis trois ans. On ne sait pas d’où il vient. Il semble être à la Mouline puis à Saint-Martin avec un passage au martinet de La Valadière à Juvignac dans l’Hérault, où est né un fils, Jean Pierre, le 16 nivôse an 6, 5 janvier 1798. A la naissance d’un autre fils, Charles Marie Philistain, le 15 fructidor an 7, 1er septembre 1799, il est martinaire à Nant. En 1805 et après, il est précisé qu’il habite le Martinet près de Saint-Martin du Vican. Aucun de ses nombreux enfants n’est martinaire à Nant.
  • Joseph Segond était chaudronnier au Bruel à Saint-Jean du Bruel. En 1793, il est propriétaire foncier et habite à la Mouline à Nant. En 1796, il est maître chaudronnier, en 1800, il est noté martinaire, alors que son fils aîné, Joseph, est meunier, à la Mouline également. A son décès en 1813, il était de nouveau chaudronnier.
  • Autre martinaire  : Etienne Muret, fils d’un propriétaire foncier de Nant, marié le 22 février 1835 à Anne Ollier. Encore martinaire à la naissance d’un fils Jean Marius le 11 janvier 1844, épicier en 1873, sans profession à son décès, le 7 novembre 1891.

Nous vous donnons rendez-vous le mois prochain pour la suite des aventures de nos martinaires de Nant ...

Monique et Alain BONNEMAYRE


[1M. Jean DELMAS proposera une communication sur ce sujet lors de nos Journées Généalogies, ainsi qu’un article dans notre livre de l’années Cf. http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1485



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