La MOULINE de CORNUS - 1/4 -

Famille DELRIEU et Famille ALIBERT
mercredi 30 mars 2022
par  Jacques ASTOR , Monique BRUNEL , Suzanne BARTHE

Notre livre « CORNUS, des femmes… des hommes … et leurs racines …. » a été publié lors des journées généalogiques 2011 (second de cette série qui, à ce jour, compte 12 ouvrages). Il comporte bien évidemment certains manques. Par exemple les domaines, les fermes, et les hameaux, de la commune de Cornus, sont très peu développés dans cet ouvrage et certains de nos lecteurs sont un peu frustrés de ne pas trouver la mention de leurs ancêtres dans un lieu donné.

Depuis lors nous avons évolué !!! Les lieux-dits et écarts occupent une place plus importante dans nos publications. Nous nous permettons, toutefois, de rappeler qu’il nous est impossible de présenter toutes les familles.

Pour en revenir sur l’ouvrage de Cornus, il y a déjà quelques mois, une de nos lectrices nous avait gentiment interpellé concernant le hameau de la Mouline. Aussi, avons-nous décidé de compléter, avec les moyens dont nous disposons, les informations (très succinctes) que nous donnions alors dans notre livre sur Cornus. (M.B.)

Etymologie du toponyme La MOULINE

En occitan, une molina, féminin de molin, est un moulin à eau destiné à exploiter l’énergie hydraulique pour l’artisanat métallurgique. Ce type de moulin est également connu sous le nom de martinet dont la racine qu’il a en commun avec « marteau » (martèl en occ.) exprime mieux le sens de forge.

La Mouline est un toponyme très courant en ce sens dans tout l’Aveyron (18 noms de lieux) et dans les départements voisins (le Tarn, l’Hérault, le Lot).

Dans « Vivre en Rouergue - Canton de Cornus », Jean Delmas rappelle qu’en ce lieu, sur le cours de la Sorgue, il y avait une forge pour le cuivre au XVe siècle. Au XVIIIe siècle, la carte de Cassini signale ici un moulin à papier comme le fut, en aval, Le Moulin Ferrand. [1]

Carte de CASSINI

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Merci de cliquer sur le document pour l’agrandir

Sur cette carte nous voyons apparaître LA MOULINE en tant que "papeterie". Ces fameuses cartes dites « de Cassini », que tous les généalogistes consultent fréquemment furent réalisée par la famille de cartographes Cassini entre 1756 et 1815. En 1789, les travaux de la nouvelle Assemblée nationale, qui aboutissent à la création des départements (janvier 1790), s’appuient sur la Carte de Cassini. [2]

PNG - 961 ko La Mouline, petit hameau situé dans le vallon, faisait partie de la paroisse de St-Rome de Berlières et resta liée à cette paroisse, même après son rattachement à la commune de Cornus. Cf. Google map ci-contre.

Certains écrits mentionnent qu’elle appartenait sous l’Ancien Régime aux IZARN de Villefort. Il semblerait que cette affirmation ne soit pas tout à fait exacte ; nous n’avons trouvé aucun acte faisant référence à cette famille.

Ce lieu près de la rivière de la Sorgue, et comme son toponyme l’indique, ne pouvait être que le domaine d’un moulin. Même si aujourd’hui plus aucun vestige d’une telle construction ne subsiste à la Mouline. Elle abrita un martinet à cuivre et au début du 18ème, c’est là que fut créée une première papeterie, suivie d’une deuxième, située à Prat-Viel. [3].

Prat-Viel aujourd’hui appelé Le Fénial, n’est pas en bordure de la rivière. Mais l’eau était ingénieusement amenée par un canal.

La dernière papeterie de Cornus créée au Moulin Ferrand, dont nous avons largement parlé dans notre livre sur Cornus, resta en activité jusqu’en 1905.

L’étude des registres de la paroisse de St-Rome, qui débutent vers 1652, et de l’état civil de Cornus, nous permet de sortir de l’oubli les noms d’un certain nombre de familles qui vécurent à la Mouline ; et ce dès la fin du 17ème siècle jusqu’au début du 20ème siècle. Deux d’entre elles retiendront plus particulièrement notre attention : Les MALHOLE, propriétaires et les PAUL, fermiers. Nos étudierons ces deux familles dans nos prochains épisodes.

La première famille rencontrée à La Mouline, présente environ des années 1655 à 1665, est celle de :

Jean SEGOND, martineur, né à Lonnac (La Bastide l’Evêque) [4] marié avec Isabeau LAGET, de St-Rome-de-Berlières, fille de Guillaume et de Catherine SALZE.

Elle est suivie par une famille de marchand de cuivre . Et à cette époque là, le propriétaire de la Mouline est Mr de La Gineste [5] demeurant à Millau.

Famille DELRIEU (DURIEU)

Cette famille est attestée à la Mouline de 1680 à 1700.
Guiral (Géraud) DELRIEU est, selon les actes, qualifié de marchand de cuivre, chaudronnier , fermier (1690) de la Mouline de Sorgues appartenant à Mr de La Gineste demeurant à Millau.
Marié avec Marguerite BARASCUD, ils eurent comme enfants :

  • Marguot née le 27.11.1680, bp le 03.12. Parrain : Guinait CHAUVET ? demeurant à la Mouline. Marraine : Françoise MAURINE de Cornus. Mariée le 25 .12.1700 avec Jean GRAND.
  • Jeanne, née le 27.04.1682, bp le 03.05. Parrain : Pierre SINGLA de St-Rome-de-Tarn. Marraine : Catherine BARASCUD du moulin de Valhauzi. Mariée avec Etienne PORTEFAIX.
  • Thonette, née le 23.09.1684, bp le 29. Parrain : Jacques FABREGUETTES des Crouzets. Marraine : Marguerite NAVARE du Moulin Bas de Sorgues. Décédée à la Mouline le 07.02.1700.
  • Jean, né le 21.01.1686, bp le 13.03. Parrain : Jean BENAVEN du Moulin Bas de Sorgues. Marraine : Marguerite DURIEU du mas de ……
  • Marie née le 10.02.1688.
  • Géraud, né le 15.04.1690, bp le 23. Parrain : Anthoine SALZE de Cornus. Marraine : Marie FAJONNE ?

Vient ensuite une famille de pareur de draps.

Famille ALIBERT

Cette famille est attestée à la Mouline de 1692 à 1754.
Jean ALIBERT, († le 17.03.1754 à la Mouline à 90 ans) pareur de draps, épouse en 1692 Jeanne VAISSE de Cornus († à la Mouline le 18.05.1736). D’où :

  • Antoine. Pareur de draps. Marié le 05.01.1736 à St-Affrique avec Isabeau GABALDO, fille de feu Abel et d’Isabeau GAUGOUX.
  • Anne, née le 09.05.1697, bp le 17.05. Parrain : Pierre VAYSSE. Marraine : Françon VAYSSE de Cornus.
  • Pierre, né le 30.04.1701, bp le 04.05. Décédé le 16.08.1755.
  • Jeanne, née le 16.11.1708, bp le 18. Mariée le 29.07.1732 avec Etienne GOT, cardeur, de la Devéze.

Nous donnons rendez-vous à nos lecteurs pour un prochain épisode sur LA MOULINE de CORNUS


Nous invitons nos lecteurs intéressés par l’étude des familles citées dans l’article à consulter nos bases riches de près de 4.200.000 actes. Nous rappelons que ces bases sont accessibles à tous nos adhérents à jour de cotisation.

Pour les lecteurs souhaitant adhérer, merci de cliquer sur le lien suivant
http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article4


[1Texte de Jacques ASTOR que nous remercions

[2La construction de la Carte : En 1746, Cassini de Thury a entrepris une première triangulation pour la région des Flandres, afin de coordonner les relevés déjà exécutés par les militaires. Convaincu de l’intérêt du projet, Louis XV décide de financer la fabrication d’une carte générale du royaume. Deux cartes sont consacrées à Paris et Beauvais puis la Guerre de Sept ans signe l’abandon financier par le roi. En 1756, Cassini constitue la Société de la Carte de France dont l’objectif est d’assumer le financement des travaux.

Cette nouvelle structure permet d’employer un nombre suffisant d’experts (une vingtaine) qui possèdent les connaissances nécessaires en géométrie. Les contrôles effectués par ces ingénieurs chargés de vérifier les relevés de leurs collègues permettent de conserver le bon niveau scientifique de la Carte. L’ensemble des relevés topographiques est achevé avant la Révolution mais les dernières cartes gravées sont éditées après la chute de l’Empire napoléonien en 1815.

C’est la première vision d’ensemble du royaume  : l’occupation de l’espace et l’exploitation du sol sont comme «  vues d’en haut  » : vignes, bois, jardins, moulins à eau et à vent, ponts, relais de poste, lieux de justice, mines et même cabarets... Les toponymes proviennent des usages locaux : les ingénieurs ont reçu pour mission de travailler avec les habitants des lieux cartographiés et un même lieu est parfois désigné selon ses différentes appellations de l’époque. Malgré ses imperfections, la Carte restitue fidèlement le paysage naturel et construit de la France de la seconde moitié du XVIIIe siècle. « L’exemplaire complet conservé à la Bibliothèque nationale de France est l’un des rares aquarellés à la main dans les années 1780 ». Source : BnF.

[3Un acte de 1742, que nous présenterons plus tard, fait état de deux papeteries

[4NDLR : Voir le chapitre Martineurs dans notre ouvrage NANT des femmes, des hommes, et leurs racines... Nous rappelons à nos lecteurs que ces ouvrages sont disponibles Cf.http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1110

[5Il s’agit de noble Estienne de GUALY seigneur de La Gineste, époux de Delle Jeanne de ROZEL, habitant de Millau..



Commentaires

Logo de Suzanne BARTHE
La MOULINE de CORNUS
jeudi 7 avril 2022 à 11h13 - par  Suzanne BARTHE

Monique BRUNEL apporte la précision suivante :

Je viens de découvrir une information intéressante dans l’acte notarié suivant :

- CM du 04.03.1612 entre Pierre ANDRIEU (ANDRE), me cordonnier de Cornus et Marie TARROU (TERRON), fille de Jean, me tondeur de draps du lieu de Cornus et de Jeanne ROQUETTE. (AD12 3E 18994 – Vues 52 à 55 dans Brozer).

Il est dit dans ce contrat, reçu par Me Pierre FABRY notaire de Cornus, qu’il est passé à la métairie de la Moline appartenant au Sieur Pierre GALY, bourgeois de Millau, où habitent les parents de la future épouse.

Monique BRUNEL