Saint Affrique en 1873

lundi 29 janvier 2007

Saint Affrique en 1873.
Texte de l’Abbé FERAL dans Géographie du Département de l’Aveyron, RODEZ, Librairie de l’Evêché 1873.

Saint Affrique (5.000 habitants), ville située dans une belle et fertile vallée qu’arrose la Sorgue. Elle se compose de deux larges rues qui se rencontrent à angle droit et de plusieurs rues secondaires assez étroites. deux ponts traversent la Sorgue, l’un moderne ; l’autre, qui a été, dit-on, construit par les Anglais, est formé de trois arches, légèrement ogivales, très élevées au milieu et appuyées sur de solides contre-forts.
Le palais de justice est un édifice récent, entouré de promenades. Au Sud Est de la ville, les jésuites ont fait construire un vaste et beau collège.
Fabriques de draps, de cadis, de molletons, de couvertures, filatures de coton, tanneries, mégisseries. Commerce de laines, de fromage de Roquefort. les fabriques de Castres, de Mazamet et de Carcassonne s’approvisionnent en grande partie à Saint Affrique.
Cette ville est une des plus anciennes du Rouergue ; elle doit son nom à Saint Fric ou Africain, évêque de Comminges (VI eme siècle) qui, fuyant la persécution des Wisigoths, se retira dans les montagnes méridionales du Rouergue. Ses reliques attirèrent un concours de chrétiens, et peu à peu on bâtit une ville autour de son tombeau.
Les protestants s’en emparèrent dans le XVI eme siècle et en firent une de leurs places de guerre. En 1628, le prince de CONDE l’assiégea vainement ; l’armée royale fut repoussée dans trois assauts successifs, et elle dut battre en retraite après un combat des plus meurtrier où les femmes et les filles parurent sur la brèche à côté des soldats assiégés. L’année suivante les royalistes furent plus heureux et Louis XIII fit démanteler la ville.
Sur un rocher qui se dresse au-dessus de Saint Affrique, à la hauteur de 66 mètres, on voit les débris du château-fort de Caylus qui sert aujourd’hui de titre à un duché auquel avait été annexée, sous la Restauration, une pairie héréditaire. Des fouilles exécutées dans ce château, en 1808, amenèrent la découverte d’un grand nombre d’objets précieux que l’on a déposés au musée de Rodez.

Texte fourni par Claude AUSSEL



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