Histoire du méchant loup

jeudi 26 avril 2007

Histoire du méchant loup
3 000 attaques de loups sur l’homme en France xve- xixe siècle)

Par Jean-Marc Moriceau

612 pages – 50 cartes et illustratione en couleur –
annexe : édition du corpus des actes de décès attribués au loup
Ed. Arthème Fayard (13 rue du Montparnasse 75006 Paris)

Sortie en librairie : 1er juin 2007 – Diffuseur : Hachette
Commandes : auprès de votre libraire habituel ou directement auprès de
l’éditeur

Résumé : Le changement de conception de la place de l’homme dans l’univers
et le souci revendiqué de défendre la biodiversité ont revalorisé l’image du
loup. Avec le retour de l’animal dans les Alpes, le renversement de
perspective crée un fossé au sein de l’opinion publique et accroît les
tensions entre les acteurs des espaces pastoraux et les gestionnaires de
l’environnement. Dans ce débat souvent passionné, les attaques de loups qui,
des siècles durant, l’ont classé parmi les prédateurs les plus nuisibles
pour l’homme, sont remises en cause. C’est le cas pour l’agression connotée
la plus néga­tivement, celle du loup considéré comme « mangeur d’hommes ».
Pour circonscrire les enjeux et les limites d’une question si sensible, il
importait d’y voir plus clair. De quels témoignages dispose-t-on et quelle
en est la validité ? Comment distinguer les attaques d’animaux
anthropophages des cas de rage ? pour quelle évolution chronologique et
quelle répartition géographique ? Comment identifier les agresseurs et
quelle en fut leur perception culturelle ? Quelles techniques de prédation
étaient-elles mises en œuvre ? Quel fut l’impact démographique et
sociologique des attaques ? Quel risque effectif le loup fit-il peser sur
l’homme en France ? C’est pour répondre à ces questions que l’ouvrage a
mobilisé les témoignages et les travaux publiés sur plus de cinq siècles
d’observation – de la guerre de Cent Ans à celle de 1914 – et rassemblé un
corpus statistique de plus de 3 000 actes de décès, de 1420 à 1918.
Aucune synthèse historique n’avait engagé jusqu’ici une enquête aussi large
sur l’ensemble du territoire français. Le travail est loin d’être terminé :
l’ouvrage convie à élargir la recherche et à envisager les autres aspects du
rapport entre le loup et l’homme. Car finalement, au-delà de l’explication
donnée à un fait qui ne pas plus de soi, l’étude réalisée renseigne
davantage sur l’organisation spatiale des activités humaines que sur
l’évolution biologique de l’animal. Le loup est un révélateur des choix de
société.

L’Auteur : Ancien élève de l’École normale supérieure, Jean-Marc Moriceau
est professeur d’histoire moderne à l’université de Caen et président de
l’Association d’histoire des sociétés rurales. Il est l’auteur des Fermiers
de l’Île-de-France, xve-xviiie siècle (Paris, Fayard, 1994, rééd. 1998),
d’un Guide sur la terre et les paysans, xviie-xviiie siècles (Caen, 2000),
de Terres Mouvantes. Les campagnes françaises du féodalisme à la
mondialisation, xiie-xixe siècle (Paris, Fayard, 2002) et d’une Histoire et
géographie de l’élevage français du Moyen Âge à la Révolution (Paris,
Fayard, 2005). Directeur de la revue Histoire et Sociétés Rurales, il anime,
avec le géographe Philippe Madeline, le séminaire du Pôle rural de la Maison
de la Recherche en Sciences Humaines de l’université de Caen.



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