par Monique BRUNEL , Suzanne BARTHE
Dans le cadre de nos travaux sur la famille DE SAINT-BAULIZE nous remercions Thierry PELAT qui nous a communiqué ce testament de 1529.
Bien que ce testament soit rédigé à Cassagnes-Begonhes, dans une chambre de la maison d’Anthoine BARTHE, le testateur noble Jacques de SAINT-BAULIZE était de toute évidence originaire du Causse Salan de Cornus, ce qui explique que l’un des "Tuteurs testamentaires" soit Jean de Saint-Baulize du Causse Salan, tandis que l’autre tuteur est le "prieur de Cornus". Cet acte nous indique également que la sœur du testateur est mariée à un Jean MAURI de Cornus.
Il nous reste à établir le lien entre noble Jacques de Saint-Baulize et noble Jean de Saint-Baulize !
Voir nos articles précédents concernant la famille de SAINT-BAULIZE.
1574 - UN BIEN CURIEUX TESTAMENT au CAUSSE SALAN de CORNUS - Episode N°1
et 1554 - Reconnaissance de dot d’Anne de Sainct-Baulize - Episode N° 2
Cassagnes-Bégonhès se trouve au centre-ouest du département de l’Aveyron, dans la petite région agricole du Ségala, en région Occitanie, arrondissement de Villefranche-de-Rouergue.
Les Cassagnols et Cassagnoles sont de nos jours au nombre de 946 (2022). Ils étaient 2047 en 1806. La commune est drainée par le Viaur, le Céor, le Glandou,
Le nom de Cassagnes dérive du mot gaulois cassanus qui signifie "chêne". Bégonhès vient du nom de la famille De Bégon dont un représentant se vit attribuer la viguerie [1]. carolingienne dont Cassagnes était le chef-lieu.
Voir aussi notre article :
Cassagnes-Bégonhes
- Eléments historiques & patrimoniaux [2]
« Cassagnes fut le chef-lieu d’une viguerie carolingienne, confiée à un délégué du comte de Rodez. Peu à peu, l’autorité de celui-ci s’était amoindrie, du fait de l’extension des domaines de grandes abbayes (Vabres et son prieuré de Céor au Xe siècle, Saint-Martial de Limoges, au XIe siècle, et Bonnecombe au XIIILe siècle) et de la montée de familles seigneuriales. Au XIIIe siècle, Brenguier de Calmont (de Plancatge) possédait le château de Cassagnes.
Les Capétiens cherchèrent à étendre de nouveau l’autorité de la monarchie. Le château fut racheté à Brenguier par les habitants au nom du roi. Le sénéchal, représentant le roi, y installa une châtellenie, une des quatre du Rouergue, et Cassagnes prit le nom de Cassagnes-Royaux. Une ville neuve y fut installée, avec les mêmes privilèges qu’à Villefranche. Ainsi le représentant du roi pensait-il contrebalancer les bourgs importants qui dans le voisinage appartenaient aux ordres religieux : Naucelle, La Selve, etc. En 1291, le sénéchal y séjourna.
En 1370, Charles V donna les châtellenies au comte Jean d’Armagnac. Mais à la chute de cette maison, le roi reprit la ville et la donna par la suite, en 1472, à Gilbert de Bourbon, comte-dauphin d’Auvergne.
En 1562, 1568, 1570, 1574 et même 1584, la ville fut occupée par les protestantsavec la complicité des Berengues, passés au protestantisme : le juge Berengues fut pendu pour trahison à Rodez. Ces occupations, dirigées par le seigneur de Taurines, puis par les capitaines Las Ribes et Du Ram, aboutirent à l’incendie des trois quarts des maisons. Cassagnes resta du domaine royal jusqu’à la Révolution.
L’église dédiée à saint Julien fut rebâtie aux XIVe et XVe siècles et on chercha à imiter le clocher de la collégiale de Villefranche-de-Rouergue (œuvre de Bertrand de Chalancon, évêque, de Rodez, 1470). Le château royal a disparu : il était assis sur un roc schisteux dominant le Céor. Il y eut à Cassagnes, sous l’Ancien Régime, une petite bourgeoisie. Tanneries au XVIe siècle. Ecoles au XVIIIe siècle. Au fond du cimetière, jadis, chapelle dédiée à saint Pierre et à saint André. Elle était insalubre en 1741.
Calviac : Grange dépendant de Bonnecombe. Elle appartenait au XIIe siècle, par moitié, à Bonnecombe et à la commanderie de La Selve. Aldebert, commandeur, céda sa part à Hugues, abbé, en 1177, en échange d’un autre domaine.
Céor : Le prieuré de Notre-Dame de l’Assomption de Céor fut donné à l’abbaye de Vabres en 942, puis uni à la mense du chapitre de Rodez en 1317, lors de la suppression de l’abbaye de Vabres et de la formation de l’évêché. On a utilisé pour la reconstruction de l’église le donjon de l’ancien château. La nef est en partie romane et a été reprise au XVe siècle. Un souterrain-refuge rappelle la première utilisation de la tour, à moins qu’il ne s’agisse d’un puits d’alimentation en eau (il descendait vers la rivière : le Céor). Le château fut tenu au XIIIe siècle par Jean de Riols, puis au XIVe siècle par les comtes de Rodez qui cédèrent leurs droits à Bonnecombe et à la famille de Taurines, puis aux Hèbles et enfin aux Ginestet de Persegals. L’église de Taurines était autrefois annexe de Céor.
La Frégière : Château de Guillaume de Calmont (XIVe siècle), puis des Séguy et des Rudelle.
La Julianne : Croix de schiste sur le plateau.
Larguiés ou Lariés : Chapelle domestique (1741).
Rayret : Justice particulière partagée en 1346 entre le sénéchal de Rouergue et le prieur de Sermur.
Saint-Martin : Ancienne église matrice de Cassagnes puis annexe (comme Jouels l’était pour Sauveterre). La bâtisse, disparue aujourd’hui, était en ruines à la fin du XIIe siècle.Château de la famille de Bonne, sous l’Ancien Régime. »
(Jean Delmas, 1996)
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10 mars 1529 - Testament de noble Jacques de Sancto Baulisio [Saint-Baulise], de Cornus, diocèse de Vabres, "détenu de grave infirmité".
Inhumation au cimetière Saint-André de Cassagnes.
Legs à :
- Jean, Pierre et Charles, ses fils, 40 l. chacun ;
- Jeanne, sa sœur, femme de Jean Mauri, de Cornus ;
Héritier universel et général : Antoine, son fils.
Tuteurs testamentaires :
– Guisard de Faugières, prieur de Cornus
– et Jean de Saint-Baulize, du Causse de Salan.
Exécuteurs testamentaires :
– noble Pierre de Varenas, seigneur de Piquecos [3], diocèse de Cahors et les vicaires de Cassagnes.
Fait à Cassagnes, dans une chambre de la maison d’Antoine Barthe.
Présents :
– nobles Pierre et Antoine de Varenas, frères,
– noble Guillaume de La Roque, du château de Bussac, en Périgord,
– noble Gui Gayrard, dit La Ribas, fils de Girmond, du Truel,
– Antoine Bartas,
– Gabriel Bordoles, de Cassagnes-Bégonhès,
– André Guiraud, serviteur du testateur, de Cornus
– Raison matrimoniale ? Son épouse ne figure pas au testament, nous la supposons prédécédée... Serait-elle parente des "présents" ?
– Pour affaires ? A Cassagnes se tenaient alors des foires importantes.
En raison de la nomination des tuteurs nous pouvons considérer que les enfants de Jacques sont mineurs (entre 20 et 25 ans probablement) nous estimons donc comme suit les dates probables de naissance de ses fils.
I. N. de SAINT-BAULIZE du Causse Salan,
Dont :
– Jacques qui suit
– Jeanne x Jean MAURI de Cornus
II. Noble Jacques de SAINT-BAULIZE, né vers 1470 et décédé vers 1529, dont :
– Antoine, héritier universel de son père (Cf. testament 1529). Né vers 1506.
– Jean, °ca 1508
– Pierre, °ca 1510
– Charles, °ca 1512
Dans l’épisode N°5, nous évoquerons les origines de la famille SAINT-BAULIZE (XIII et XIVe s.)
Dans l’épisode N°6, nous évoquerons Me André de SAINT-BAULIZE, Procureur juridictionnel de Versols (Protestant).
Dans l’épisode N°7 nous évoquerons Guy (Guyon) de SAINT-BAULIZE, et la transmission des terres de SAINT-BEAULIZE à la famille de LAUZIERES lors du mariage d’Audette...
Comme toujours tous les compléments généalogiques à cette étude sont les bienvenus. Faites nous part de vos découvertes !
Bonne lecture et à bientôt pour de nouvelles découvertes sur la famille de SAINT-BAULIZE !

