Le deuxième week-end de septembre 2025 auront lieu à Alrance les journées généalogiques de l’Aveyron. A cette occasion paraîtra notre livre sur cette commune (Alrance, des femmes... des hommes... et leurs racines...). A côté de chapitres évoquant des éléments historiques, des généalogies, des personnalités, le patrimoine, nous présenterons également les hameaux qui composent cette commune. Florian CANAC (que nous remercions) a écrit pour nous un article sur le hameau de Bonneguide (paroisse de La Capelle-Farcel) dont vous trouverez des extraits dans notre livre et que nous vous proposons ici dans son intégralité.
I- Organisation de l’espace
Le cadastre Napoléonien de 1836, nous permet de nous représenter un peu l’aspect du hameau au début du XIXe. On retrouve assez facilement les lieux habités encore visibles aujourd’hui. On pourra noter les inscriptions sur les frontons de certaines maisons, « 1847 » par exemple alors que l’on peut voir une construction au même en placement en 1836. Ajouté à cela le relief du hameau à flanc de colline ; nous pouvons aisément supposer que les différents bâtiments ont été modifiés, réhabilités et ajustés depuis des siècles, au fil des générations sur un espace restreint. Sur le plan du XIXe, nous pouvons noter la présence de deux fontaines ainsi que plusieurs fours. Pour les fontaines, seule la plus excentrée est encore visible aujourd’hui. Le four à pain de Merlhe (parcelle N°307) lui, sera noté en « ruine » lors de la vente sous seing privé entre Sylvain Merlhe et Baptiste Canac le 1er mai 1911 [1].. On ajoutera que la croix présente aujourd’hui au centre du village n’est pas référencée sur le cadastre de 1836. Son implantation parait donc ultérieure. Le style de la croix laisse toutefois penser à une implantation possible au cours du XIXe ou début XXe siècle. D’après les témoignages, elle était de toute façon déjà implantée au milieu du XXe.
On peut également noter la présence jusque dans les années 1950 d’un travail à ferrer. Il se situait au croisement de la route et du chemin pédestre menant à La Capelle-Farcel.
Croix visible au centre du hameau.
Plan de Bonneguide en 1836 [2]
II- Ces hommes et ces femmes qui ont vécu en ces lieux
Cette terre dont nous venons de parler n’a d’histoire que parce que des générations d’hommes et de femmes y ont vécu. Courbant le dos, poussant les bœufs, fauchant les prés ; des générations s’y sont succédées transmettant leur terre comme un bien précieux à faire fructifier et à transmettre à son tour. Nous allons ici citer quelques familles, quelques hommes et femmes qui en traçant les sillons de ce morceau de Rouergue en ont tracé son histoire. Bien sûr, il s’agit d’une liste non exhaustive.
XVIIe et XVIIIe siècles
Au XVIIe siècle, la famille Alibert cultive déjà les terres de Bonneguide. En 1667 par exemple, Barthélémy Alibert vit déjà à Bonneguide lors de son mariage [3]. Ce nom de famille se trouvera dans les registres jusqu’au XXe siècle.
Également, le mariage de Marie Rouvelat, le 13 août 1667 [4], nous informe de la présence d’une famille Rouvelat dans le hameau. Marie se marie avec Antoine Cadars. Le couple installera sa descendance durablement puisque l’on trouvera des Cadars en ces lieux jusqu’au décès de Marie Cadars en 1864 [5]. On pourra également noter que ladite Marie Cadars était l’épouse d’Ambroise Bouzat et que de leur union perdurera une lignée à Bonneguide jusqu’à nos jours.
Des Grimal sont également présents à Bonneguide au XVIIe siècle puisque Jean Grimal (dit Denis) y meurt le 16 septembre 1696. Son fils Guillaume réside aussi dans le hameau. [6] Au début du XVIIIe siècle, par le mariage entre Benoit Comitis de Nazareth (paroisse de La Capelle-Farcel) et Marguerite Grimal de Bonneguide en 1711 [7], va se former la dynastie des Comitis, ce patronyme s’implantera au moins jusqu’au recensement de 1931 [8].
D’après les registres paroissiaux de La Capelle-Farcel, on peut également parler de la présence d’une famille Nespoulous (Jean Nespoulous meurt le 27 février 1680 au village de Bonneguide) [9] de la famille Bibal (Jean Bibal et Marie Boudonne de Bonneguide perdent leur fille Marie le 4 août 1681) [10], d’une famille Terral (lors du mariage de Catherine Terral en 1682, on apprend que Nicolas Terral (décédé lors du mariage) et sa femme Jeanne sont installés à Bonneguide), d’une famille Angles (en atteste l’acte de baptême d’Anne Angles, fille de Bernard Angles et Marie Bousquet) [11], d’une famille Salacroup (acte de baptême de Jean Salacroup en 1684), d’une famille Creyssels (ou Creissels) (d’après l’acte de baptême de François Creissels) [12] cette famille semble liée aux Alibert déjà présents.
Une famille Brauge semble également vivre en ces lieux puisque le couple Jean Brauge, et Marie Cinque réside au hameau lors du baptême de leur fils Louis Brauge le 17 août 1680. [13] De cette famille, semble arriver la famille Drulhe au XIXe et encore présente aujourd’hui.
A la fin du XVIIe siècle, une famille Pages est présente. L’acte de baptême de Pierre Pages le 8 novembre 1703 atteste de la présence du couple Jean Pages et Magdeleine Vigroux [14]. Par cette dernière, ils semblent être liés aux Grimal. D’ailleurs, le parrain est Antoine Grimal de Bonneyde.
Enfin, d’après Touzery en 1787, le village de Bonaïde, éloigné d’une demi-heure de marche de La Capelle-Farcel (chef-lieu de la paroisse) compte 61 habitants. Il s’agit alors du deuxième village le plus important de la paroisse après La Capelle-Farcel qui comptait alors 70 habitants. [15]
