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Fiançailles et Constitution de dot en 1453 dans le Velay
Familles de Glavenas x de la Tour de Saint-Vidal - Episode 4
Article mis en ligne le 12 mars 2026
dernière modification le 14 mars 2026

par M. Jean Delmas, Suzanne BARTHE

Au cours de nos travaux concernant la famille de Glavenas nous avons étudié un acte fort intéressant sur le plan des coutumes, et qui pourra servir aux adhérents étudiant cette famille pour "habiller" leur arbre... Ces fiançailles furent "contractées" le 22 août 1453, mais des problèmes concernant le versement de la dot retardèrent la célébration du mariage d’environ une année.

Glavenas (Haute-Loire)
Extrait Carte de Cassini

La seigneurie de Glavenas

Vers le XIIe siècle un château-fort est bâti sur un piton rocheux, à 979 mètres d’altitude. La seigneurie de Glavenas, dont ce bâtiment constituait le centre, fut confisquée par Philippe Auguste et mise sous tutelle de l’évêché du Puy, puis divisée en deux mandats. Le château fut alors laissé à l’abandon.

Chapelle de GLAVENAS
© PEJKERT Michel

Il en reste la chapelle, qui fut agrandie au XVe siècle, puis en 1772. La localité de Glavenas, qui comptait plus de 300 habitants, fut rattachée à Saint-Julien-du-Pinet après la Révolution. [1]

Famille de GLAVENAS du Velay

Blason de Glavenas
"d’or à l’aigle essorante de sable".
Gaston de Jourda de Vaux, Le nobiliaire du Velay et de l’ancien diocèse du Puy,

La famille de Glavenas est connue dans le Velay depuis la fin du XIème siècle. Elle avait pris le nom de la terre de Glavenas. Le N° 53 du Cartulaire de Chamalières-sur-Loire en Velay, parle du podium de Glavenas "qui fut donné au monastère regnaterege Roberto".
Sous le roi Philippe Ier, Astorg de Glavenas concède au monastère (d’après le N° 41 du Cartulaire) "une mense à Bedals qui est appelée Pifa".
Le livre des hommages aux évêques du Puy cite pour 1308 noble Pons de Glavenas, sieur de Lardeyol, "qui reconnait tenir en fief de l’évêque du Puy le château de Lardeyrol".

Nous reviendrons dans l’épisode N°5 sur la généalogie des GLAVENAS DU VELAY

Famille de LA TOUR - ST VIDAL

Blason de La Tour-St Vidal
D’or, à la tour de gueules, crénelée, maçonnée et ajourée de sable

La famille de La Tour - Saint-Vidal, était une ancienne famille de la noblesse du Velay qui possédait la baronnie de Saint-Vidal, près de la ville du Puy-en-Velay. Cette famille est citée dès le XIIIe siècle.
Le château de Saint-Vidal est une forteresse médiévale située dans la commune de Saint-Vidal, dans l’ancien Velay, à environ 7,5 km au Nord-Ouest du centre-ville du Puy-en-Velay, dans le département de la Haute-Loire.

Forteresse médiévale de St Vidal (gravure)
© Stanichou

Construit avant le XIIIe siècle il est devenu une imposante forteresse au XVIe siècle avec Antoine II de La Tour Saint-Vidal, c’est l’un des fleurons de l’architecture militaire de l’Auvergne et l’une des forteresses les mieux conservées de la région. Propriété privée, c’est un lieu culturel ou se trouve différents spectacles. Il est également une partie de l’année un hôtel haut de gamme depuis 2022.

Fiançailles de Falcon de GLAVENAS & Antonie de LA TOUR SAINT VIDAL en 1453

Les fiançailles de Falcon de GLAVENAS avec Antonie de la Tour - Saint-Vidal, fille de feu Dragonnet et de Dame Dauphine de Saint-Priest (présente au contrat) furent signées le 22 août 1453.

Le non versement des premiers éléments de la dot suspendit la concrétisation du mariage pendant un an et faillit compromettre cette nouvelle alliance entre deux familles qui avaient des intérêts communs à Glavenas, par suite de l’ancien partage de cette seigneurie dont ils étaient co-seigneurs ou "seigneurs en partie".

Ces pactes de fiançailles, furent signés dans la "basse-cour" du château de Saint-Vidal, [2] en présence de nombreux parents et amis, parmi lesquels :

 Mathieu de Bourienne, abbé du monastère de Doue ; [3]
 Claude de Saint-Priest, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem ;
 Jean, seigneur de la Tour-Maubourg ;
  Antoine de Montgon, chanoine-comte de Brioude ; [4]
 Georges, seigneur de Mons près le Puy ;
 Gonet de Chapteuil, seigneur de Bonneville en Velay [5]

La constitution de dot par Béraud de la Tour-Saint-Vidal

Par cet acte, Béraud de la Tour-Saint-Vidal [6]
constitue en dot à sa sœur Antonie :

  • Premièrement : 2.700 écus d’or pour biens paternels, avec tous les droits qui lui appartenaient dans le péage indivis de Montferrat et du Pertuis, ainsi que les cens, revenus et justice haute, moyenne et basse, que possédait la maison de la Tour Saint-Vidal dans le territoire de Louspis, au mandement de Glavenas ; "les 2.700 écus d’or, savoir : 400 avant la célébration du mariage, le surplus à la Toussaint de chaque année, à raison de 40 écus d’or".
  • Deuxièmement : Un trousseau composé :
    • de quatre robes de noce,
      • l’une de drap de velours fourrée de peaux grises,
      • la seconde de drap écarlate également fourrée,
      • la troisième de drap de Montivilliers, fourrée de menus vairs,
      • la quatrième de drap suffisant, fourrée de fine peau noire d’agneau ;
    • d’un manteau fourré de drap suffisant ;
    • de trois Gonelles dont deux de drap de soie, l’une de damas, l’autre de satin plat, la troisième de drap bon et suffisant ;
    • de trois chaperons, [7] dont :
      • l’un de velours noir,
      • l’autre de drap écarlate,
      • le troisième de drap de Rouen ou de Montivilliers ;

Ce trousseau, assez riche pour l’époque, devait être fourni avant la célébration du mariage en face de la Sainte-Mère Eglise.

Commentaires de M. Jean DELMAS

Les gonelles, citées dans l’acte de 1453, sont destinées, évidemment, à une personne de la noblesse (c’est ici le cas) ou de la haute bourgeoisie : "deux robes de soie (l’une de damas, l’autre de satin plat, c’est-à-dire lisse). La troisième robe est probablement de drap de laine, plus ordinaire".

IL est fait mention de gonelle dans le tome III de Mœurs et coutumes du Rouergue, chap. 83, 87 et 91 . C’est une robe qui se montre, une robe de dimanche ou de visite. Les exemples que j’ai relevés figurent dans des pensions de veuves, elles mêmes incluses dans les testaments de leurs maris. Par exemple, le fils héritier doit fournir à sa mère une robe tous les deux ans ; c’est tantôt une gonelle, tantôt une cotte, robe ordinaire (ou jupe ?) de tous les jours. Ce qui revient à dire, dans ce cas, que la gonelle est remise tous les quatre ans. Le mot est très employé jusqu’au XVIe siècle.

J’avais noté que vers la fin du XVIe, la gonelle paraît passer de mode et que le terme de robe devient alors d’un usage général. Jean DELMAS

Les engagements de Jean de Glavenas et de son fils Falcon

De leur côté, Jean et son fils Falcon, celui-ci préalablement institué héritier en la moitié de tous les biens, s’engageaient, en cas de survie de la future épouse, à l’entretenir et loger honorablement selon son état dans le château de Lardeyrol, avec un douaire de 50 livres tournois de rente en cas d’incompatibilité, à prendre sur le mandement de Glavenas et, si ce mandement n’y suffisait pas, sur les mandements de Vals et de la Chapelle en Auvergne, de Vallo et de Capella in Arvenia.

Prévoyant même le cas où ils ne pourraient livrer à Antonie de la Tour le château de Glavenas pour son habitation, (toutes clauses qui font comprendre quel était alors l’état de cette seigneurie), ils s’obligent à lui donner pour demeure le château de la Motte en Auvergne, propriétés lointaines qu’une femme de cette province avait sans doute apportées en dot dans la maison de Lardeyrol.

Le retard dans le versement de la dot

Un an après, la corbeille de noces n’était pas prête, les 400 écus d’or n’avaient pas été comptés, rien n’avait été tenu de ce qui avait été promis, le 22 août 1453, dans la basse-cour du château de Saint-Vidal,

Falcon déclarant qu’à défaut par Béraud de la Tour de lui payer les 400 écus d’or, premier terme de la dot, et 100 écus d’or pour la valeur du trousseau, il n’entendait pas passer à la célébration du mariage.

Saint-Vidal, "abaissant l’orgueil de sa race", répondait que les charges qui pesaient sur lui l’obligeaient à demander un délai pour ce paiement et priait Falcon de ne pas se dégager pour cela de l’alliance conclue.

Des amis communs intervinrent et, dans une transaction un peu verbeuse, signée au chapitre des frères Prêcheurs du Puy, le 29 juin 1454., on convint que les 400 écus d’or seraient payés à la Noël de 1455, le reste à termes plus éloignés, et que si Béraud ne s’acquittait pas à ces échéances, les époux auraient, dès ce moment, un droit acquis de propriété sur les mandements de Montbrule, Beaufort, Lafare et Saint-Vidal, jusqu’à concurrence de 25 livres de rente annuelle, tenant lieu des 400 écus d’or, premier terme de la dot promise et des 100 écus d’or, valeur des fourrures et des habits nuptiaux.

L’heureuse conclusion

Après toutes ces négociations le mariage eut lieu et de cette union naîtront :

  • Tannequin de Glavenas qui décèdera, sans postérité, avant 1504, date à laquelle sa veuve teste.

    Guiotte de Panat [8], veuve de Tannequin de Glavenas", seigneur de Lardeyrole, par "donation entre vifs", le 25 aout 1504, donne à Noble Amblard de Glavenas, seigneur de Lardeyrole, tous ses biens, à charge pour lui de payer au couvent de Doue, la somme de 100 livres "pour une fois", ou 5 livres tous les ans [9]

  • Amblard de GLAVENAS, coseigneur de Glavenas, Baron de Lardeyrol
Nous évoquerons l’ascendance et la descendance d’Amblard de Glavenas dans notre épisode N°5

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Bibliographie
 Armorial des barons diocésains du Velay Abbé Theillière
 Augustin Chassaing et Antoine Jacotin "Cartulaire de Chamalières-sur-Loire en Velay : prieuré conventuel dépendant de l’abbaye de Saint-Chaffre" (éditeur A. Picard, Paris, 1895). Le document sur le site de la Bibliothèque nationale de France Gallica.bnf.fr.
  Nobiliaire du Velay et de l’ancien diocèse du Puy
 Tablettes historiques du Velay, 1876
  Mémoires et procès-verbaux - Société agricole et scientifique de la Haute-Loire Tome VIII (1894-1895) - Lardeyrol (baronnie de) - Publishing - TRUCHARD du MOLIN Jean Léandre Romain (1795-1877) - 1894 - GALLICA
 Gaston de Jourda de Vaux, Le nobiliaire du Velay et de l’ancien diocèse du Puy, Tome.3, p.101 et suivantes.