1604 - CM Louis CASSAN x Beatrix QUESAC

Famille CASSAN de COMPEYRE
samedi 26 novembre 2022
par  Jean DELMAS, Suzanne BARTHE

Voici une analyse du contrat de mariage entre Louis Cassanh et Béatrix Quésac de 1604. Selon M. Jean DELMAS, "dans le menu que constituent les divers actes de la famille Cassan(h), celui-ci est un morceau de choix, avec une belle illustration du rôle des "amix" (parents ou alliés des deux côtés) qui constituaient probablement le conseil de famille. Ils ne sont pas de simples figurants, certes approbateurs, mais des intervenants, complétant la dot (doubaire) de la future, la benjamine de la famille Quésac, la "dernière à caser". Il y a les deux frères, un beau-frère et J. Mathieu dont la parenté n’est pas indiquée, mais qui est probable. Chacun met quelque chose dans la corbeille. Resterait à savoir les raisons des différences entre chaque apport."

Contrat de mariage de Louis Cassanh et de Béatrix Quésac (Quésague), 1604 Arch. Dép. Aveyron 3 E 9745, fol. 169- 171.

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[Fol. 169] 1604, 4 janvier- La Cresse, dans la maison des héritiers de Jean Quésac.

« Saichent toutz que, à la louange de Dieu et accroissement de l’humain lynatge, mariatge aist esté traité par parolles de futur entre... » Louys Cassanh, fils de feu Pierre dit Laussou, de Compierre, [1] [169 vo] Paroisse de Notre-Dame de Lumensson, et Béatrix Quésague, fille de feu Jean Quésac dit Marcelly, de La Cresse, paroisse de Saint-Baudille-de-Mulsac, diocèse de Vabres, mandement de Caillus, « lesquelz aulthourizés récipproquement par leurs princippaulx amix [2] ont promis et juré de... » s’épouser en l’Église catholique et romaine. Il est de coutume de constituer doubaire
 [3] aux femmes pour supporter les charges (du mariage), « leur servant lieu de légitime » :

- Béatrix Quésac « se constitue en mariage audit Louis Cassanh  », avec ses biens et les droits qui lui appartiennent. En cas de restitution, ces derniers lui reviendront à l’intéressée ou à sa famille ».

- François Quésac son frère

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héritier universel de leur commun père, ajoute aux biens que Béatrix peut avoir la somme de 10 livres tournois, à lui payer le jour de son mariage.

- Anthoine Quésac son autre frère, habitant de la ville de Sévérac, ajoute 20 livres, « une robe de cadis de Nismes..., bleu celleste, faicte et garnye jusques à la courdelle ». [4]

- Anthoine Ricard, habitant de Compierre, beau-frère de ladite Quésague [5] « luy donne la permission de tenyr ung thouneau vinère de la cappassité que pléra aux futeurs mariés, dans son chay qu’il a audit Compierre tant qu’il vivra ; (ils) pourront icelluy ramplir de vin et le vuider sans estre tenus d’en rien payer de louaige, consentant qu’en prennent pocession quand bon leur semblera... » [6]

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-[170 vo] Jacques Mathieu, natif de Millau, donne à ladite Quésague « ung platt, une assiete, une escuelle estain et une palle fer scive brazier ». [7]

En cas de prémorance [8] , Cassanh laisse à ladite Quésague sa future épouse la somme de 50 livres, payable dans l’année après son décès ; et Béatrix Quésague laisse audit Cassanh 25 livres.

Suivent les garanties juridiques.

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[Fol. 171]

Témoins :

  • Anthoine Bertrand, cordonnier,
  • Pierre Loubat,
  • B. Albigès, laboureur de La Cresse.

Aucune des personnes présentes au contrat n’a su signer .

Pierre Maynials, notaire de La Cresse.

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J.D.


[1Cf CM des parents en 1588 en cliquant sur l’article : http://www.genealogie-aveyron.fr/spip.php?article1590

[2Sur le sens de ce mot : J. Delmas, « Amis et amis charnels », dans Moeurs et coutumes du Rouergue, t. I, 2012, chap. 19. Il s’agit des membres du conseil de famille qui vont intervenir dans le contrat

[3pour "douaire, dot"

[4Ou « courdellière ? », ceinture.

[5Catherine QUEZAC, fille de feu Jehan et de Marie BERTRAND, avait contracté mariage le 14.05.1596 avec Anthoine RICARD de Salacroup (Compeyre). Présents : François et Anthoine QUEZAC, frères de Catherine. Autre CM 3E 9546 page 75, Le 8 janvier 1624 (3E 9556 page 434) sont cites : Jehan et Marcellin RICARD, de Solacroup ; + Jehan RICARD, leur père ; + Pierre RICARD et + Marguerite DUBOURG, leur ayeul et ayeule.

[6Ceci évoque bien évidemment la tradition vigneronne de Compeyre, tradition ancestrale sur laquelle nous reviendrons dans un prochain article.

[7Pelle pour la braise.

[8Sur le sens de ce mot : J. Delmas, « Agencements ou étrennes », dans Moeurs et coutumes du Rouergue, t. I, 2012, chap. 12.



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