Trois petits textes relevés sur Lédergues (AD12) sur l’insécurité concernant le canton de réquista

mercredi 8 novembre 2017

Pour commencer Lédergues, village de tous les risques !

Une fâcheuse posture

Lédergues 20 septembre 1779, le Sieur Bourdiol Jean d’Espalion, se présente pour percevoir le recouvrement du droit de commune de paix faisant partie des droits domaniaux. Une émeute des plus furieuses s’élève et le susdit " fut obligé de se retirer chez un de ses amis pour se soustraire à la fureur populace et qui fut même poursuivi par plusieurs comme un voleur et qu’il nomme en temps et lieu que le sieur Goulesque du bousquet étant venue prendre son cheval et ses hardes qui étaient chez la veuve Bousquet hôtesse de lédergues pour le luy emmener on le luy enleva de force et de suite ......
l’émeute recomenssant de plus fort le dit Bourdiol pour se mettre à labry de toute insulte nayt été obligé de prier Mr le Chevalier de Roquefeuil de le recevoir chez lui ou il fut en sureté heureusement pour luy qu’il nayt roulé dans les rues une bonne partie de la nuit a la teste d’une populace mutinée au tambour et armes a feu jusqu’à tirer sur les murailles de la chambre dudit Bouriol etant couché ce qui obligea M le chevalier de Roquefeuil de sortir a sa fenestre pour leur dire... tirer sur les fenestres ils auraient à faire avec partie...... »
Le lendemain ledit Bourdiol aurait été condamné à rendre l’argent qu’il avait perçu pour arrérages du droit le 1 juin jour de foire de réquista .....vision des actes.., (réf de l’arrêt du 14/1/17) qui fut regardé comme l’ouvrage par lequel sa majesté ordonne que les droits de commun de paix seront perçus comme par le passé qui fut regardé comme l’ouvrage d’un imprimeur et comme faux que ledit Bourdiol n’ayt donné l’argent qu’il avait sur luy crainte d’une autre grande émeute qui était preste en sa forme qu’il n’ayt pris pour son compte ses livres et quittance pour d’autre ce qui se verra en temps et lieux mais d’autant que cette entreprise este odieuse et mérite répréhension injuste et très préjudiciable au requérant est que plusieurs communautés du voisinage on refuse de payer lesdits droits depuis ce jour d’émeute……….
ledit Jean Rayssac est sommé de payer…..non seulement la somme de laquelle il a fait quittance mais encore tout ce qui reste du au requérant dud droit et qu’il aurait perçu cette année sans son odieux procédé luy protestant quan défaut et de droit et ce sans préjudice de la poursuite extraordinaire que le requérant se réserve ……audit rayssac trouvé en personne dans son domicile audit lédergues…..
(AD 12 - signé Rayssac surnommé Laflame, signé Durand Sergent… 3E ........ )

Après un faussaire des brigands …. !

M. Revellat du puech de lédergues dans un courrier, un samedi matin , 1er février 1790,signale à M. le prieur de réquista, qu’il a été menacé par des brigands de fondre sur sa maison pour la vider et la mettre à sac, » nous avons été dans de fortes attaques, plus de cent personnes et le nombre ayant augmenté jusqu’à hier (jeudi) matin, les brigands s’étant donné le mot pour jeudi matin , ils rodaient et il en venait d’un cote d’autre pour faire leur coup, mes gens ayant été à leur suite ils se dispersaient d’un cote d’autre et on en a pris, 5 et ont subi en plein toutes les rigueurs de la loy martiale… jugés par les officiers municipaux de valence … la garde bourgeoise d’ambialet … et celle de valence … et crains que les brigands reviennent bientôt et faut se soumettre à la divine providence"

Ou le percepteur n’a pas son compte

A Réquista en séance du conseil municipal du 20 thermidor de l’an 13 , révision et épuration des comptes percepteurs. Guilhaume Viala percepteur de 1790 de la commune de Lincou n’a également produit aucun rôle ni pièces concernant son exercice et il a dit que les brigands de Lédergues étant entrés furtivement dans sa maison (au verdier) l’avaient pillé et avaient fait périr la majeure partie de ses papiers et qu’en conséquence il ne pouvait représenter les rôles ni les quittances…..

Alain Goulesque


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